Réversible… ma vie comme elle vient

Rentrons

J’ai écorché mes mains autant que je l’ai pu

A brandir des couteaux au fond des chambres froides

Malgré le sang poisseux qui me giclait dessus

Et l’odeur des carcasses qui me rendait malade

 

J’ai du porter un nom qui n’était pas le mien

Avoir si souvent froid sous ce soleil trop pâle

Me sentir toujours seul, me sentir toujours loin

Et transformer ma vie en une longue escale

 

Souvent au cœur des nuits j’ai ravalé mes larmes

Et fait taire mes pensées qui me disaient « rentrons »

Ouvrier d’abattoir avec mes frères d’armes

J’ai appris à app’ler la France ma maison

 

 

Au long des heures courbé à gagner de ma sueur

Un monde un peu meilleur pour mon pays d’avant

J’ai rencontré des femmes et des hommes d’honneur

De ceux dont ma mémoire se souviendra longtemps

 

A force de soirées serrés autour des tables

A parler de l’Afrique à des filles au corps blanc

Je me suis pris au piège d’un sourire adorable

Je me suis accroché à un coeur en passant

 

Alors au fond des nuits j’ai oublié mes larmes

Effacé les pensées qui me disaient « rentrons »

Reconstruit un foyer avec mes frères d’armes

J’ai appris à aimer la France, ma maison

 

 

Mais le bonheur parfois a des accents fragiles

Qui résonnent trop fort aux oreilles des grands

Nos vies entre leurs doigts ne sont que simple argile

Qu’ils façonnent à merci sans plus de sentiments

 

Et au cœur d’une nuit ils ont brandi leurs armes

Nous ont poussé dehors comme on chasse un scorpion

J’ai repris le chemin avec mes frères en larmes

Je t’ai laissée pleurer seule dans ma maison

 

J’ai rêvé cette nuit que tu poussais ma porte

Tu me prenais la main, tu me disais rentrons

 

 

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