J’ai écorché mes mains autant que je l’ai pu
A brandir des couteaux au fond des chambres froides
Malgré le sang poisseux qui me giclait dessus
Et l’odeur des carcasses qui me rendait malade
J’ai du porter un nom qui n’était pas le mien
Avoir si souvent froid sous ce soleil trop pâle
Me sentir toujours seul, me sentir toujours loin
Et transformer ma vie en une longue escale
Souvent au cœur des nuits j’ai ravalé mes larmes
Et fait taire mes pensées qui me disaient « rentrons »
Ouvrier d’abattoir avec mes frères d’armes
J’ai appris à app’ler la France ma maison
Au long des heures courbé à gagner de ma sueur
Un monde un peu meilleur pour mon pays d’avant
J’ai rencontré des femmes et des hommes d’honneur
De ceux dont ma mémoire se souviendra longtemps
A force de soirées serrés autour des tables
A parler de l’Afrique à des filles au corps blanc
Je me suis pris au piège d’un sourire adorable
Je me suis accroché à un coeur en passant
Alors au fond des nuits j’ai oublié mes larmes
Effacé les pensées qui me disaient « rentrons »
Reconstruit un foyer avec mes frères d’armes
J’ai appris à aimer la France, ma maison
Mais le bonheur parfois a des accents fragiles
Qui résonnent trop fort aux oreilles des grands
Nos vies entre leurs doigts ne sont que simple argile
Qu’ils façonnent à merci sans plus de sentiments
Et au cœur d’une nuit ils ont brandi leurs armes
Nous ont poussé dehors comme on chasse un scorpion
J’ai repris le chemin avec mes frères en larmes
Je t’ai laissée pleurer seule dans ma maison
J’ai rêvé cette nuit que tu poussais ma porte
Tu me prenais la main, tu me disais rentrons
1 réponse jusqu'à présent ↓
Mariam « Réversible… ma vie comme elle vient // juin 8, 2008 à 9:56
[...] Rentrons ← Youpi [...]